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C’est dans une région rurale et maritime peu industrialisée mais en cours d’acceptation de la République, surtout après le Ralliement d’une partie des catholiques, que naissent les premiers noyaux urbains socialistes en s’appuyant sur le mouvement ouvrier.

Les progrès des républicains laïques n’empêchent pas de fortes et durables résistances conservatrices dans les zones blanches du Vannetais, de la bordure orientale de l’Ille-et-Vilaine et des campagnes de Loire-Inférieure, sans compter les terres catholiques acquises à la démocratie chrétienne puis au Parti démocrate populaire (PDP) après 1924 comme le Léon finistérien.

Des hommes comme Charles Brunellière à Nantes et Henri Gautier à Saint-Nazaire, Yves Le Febvre à Morlaix, Émile Goude et Hippolyte Masson à Brest forment avec des militants de Rennes et de Lorient les premières structures militantes socialistes. Originalité régionale, elles se rassemblent, dès 1900, au sein de la Fédération socialiste de Bretagne (FSB) alors que la SFIO s’unifie en 1905 sur une base départementale.

Ces groupes socialistes s’appuient sur les ouvriers et les syndicalistes de la CGT, en particulier des arsenaux, les pêcheurs, les petits employés et fonctionnaires et les instituteurs, pour faire élire quelques conseillers municipaux dans des villes bleues, républicaines et radicales, (Nantes, Rennes, Lorient, Saint-Brieuc). La conquête de Brest, bientôt surnommée « la Rouge », en 1904, perdue en 1908 et reprise en 1912 jusqu’en 1929, constitue une première base bien isolée dans la région.

Les militants socialistes peuvent compter à la fois sur le terreau républicain et le combat laïque, voire anticlérical, pour émerger lors des affrontements parfois violents avec l’Église catholique et les forces conservatrices (Loi de Séparation en 1905, Inventaires en 1906), et sur les revendications sociales et la propagande dans leurs premiers journaux.

En 1907, la FSB disparaît au profit des fédérations départementales de la SFIO, qui s'étoffent quelque peu. Le parti passe de 1 146 cartes en Bretagne en 1907 à 2 009 en 1912 dont près de la moitié (900) dans le Finistère, ce qui traduit bien avec 2.76% des effectifs nationaux, sa faiblesse militante. En 1914, ses 25 candidats pour 45 sièges à pourvoir n'obtiennent que 6.41% des voix (12% dans le Finistère et 10.2% en Loire-Inférieure. Emile Goude est réélu à Brest.

Nota : Le 8 mai 1910, Emile Goude, employé à l'arsenal est le premier député socialiste SFIO de Bretagne élu à Brest.

Extrait de "Les socialistes en Bretagne, étapes et facteurs d'une implantation réussie (1905-2012)" de Christian Bougeard.

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