Le socialisme s'est manifesté en Bretagne dès la première moitié du xixe siècle ; les socialistes utopiques y sont alors à l'œuvre dans les plus grandes villes. À Nantes, Ange GUEPIN introduit un saint-simonisme teinté de fouriérisme, tandis que CHEVE y développe en 1848 les idées d'un socialisme chrétien, dues à sa fréquentation de Philippe BUCHEZ, dans deux journaux, l'Alliance et l'Unité, qu'il publie successivement et dont le second préconise des solutions nettement socialistes.
Mais c'est à Brest, en particulier dans le milieu de l'arsenal, que le socialisme s'implante le plus durablement grâce à l'action de la famille LE DORE, sensible surtout en 1848 et en 1869-1870 avec la création d'une section de l'AIT et la proclamation d'une Commune qui précède de quelques mois, mais sans comparaison possible, celle des Parisiens.
Il n'empêche que des groupes socialistes se mettent en place dans les principales villes les années suivantes : Jules MANIEZ crée celui de Rennes, Victor CHIRON celui de Brest, tandis qu'un groupe nantais apparaît au début des années 1880 avant d'être reconstitué quelques années plus tard et pris en main par Charles BRUNELLIERE qui désormais en sera le responsable le plus représentatif et le principal inspirateur.
2Toutefois ce développement reste bien limité. En témoigne le résultat des élections législatives de 1881 quand les socialistes décident de se compter en présentant leurs propres candidats : écrasés à Rennes et à Nantes, ils ne font relativement bonne figure qu'à Brest ; on en revient donc au soutien du candidat radical, voire républicain, lors des élections suivantes.
Extraits de "Les premiers pas du PSU-SFIO en Bretagne" de Claude Geslin
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